{"id":557,"date":"2021-07-20T13:18:17","date_gmt":"2021-07-20T11:18:17","guid":{"rendered":"https:\/\/editionsavicenne.fr\/?p=557"},"modified":"2021-08-28T17:05:22","modified_gmt":"2021-08-28T15:05:22","slug":"dune-obligation-du-voile-a-un-libre-choix-de-le-porter-ou-pas-trois-approches-hermeneutiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/editionsavicenne.fr\/?p=557","title":{"rendered":"D&rsquo;une obligation du voile \u00e0 un libre choix de le porter ou pas : trois approches herm\u00e9neutiques"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/editionsavicenne.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/hijab.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-666\" src=\"https:\/\/editionsavicenne.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/hijab.png\" alt=\"\" width=\"424\" height=\"228\" srcset=\"https:\/\/editionsavicenne.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/hijab.png 1024w, https:\/\/editionsavicenne.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/hijab-300x161.png 300w, https:\/\/editionsavicenne.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/hijab-768x413.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 424px) 100vw, 424px\" \/><\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: right;\">Source : <a href=\"http:\/\/www.shaykharif.com\/blog\/hijab\">http:\/\/www.shaykharif.com\/blog\/hijab<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;article\u00a0<\/strong><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> : Dans cet article, nous nous interrogerons sur la possibilit\u00e9 ou non de r\u00e9-\u00e9valuer la compr\u00e9hension traditionnelle de la Sharia sur l\u2019obligation du port du voile chez la femme musulmane, en particulier sur la question du foulard islamique. L\u2019objectif de cet article est de s\u2019interroger sur l\u2019amplitude possible de remise en question de la compr\u00e9hension traditionnelle de la Sharia sur l\u2019obligation du voile chez la femme, et en particulier sur la n\u00e9cessit\u00e9 du port du foulard. Pour ce faire trois approches herm\u00e9neutiques de compr\u00e9hension du Coran et de la <em>sunna<\/em> sont pr\u00e9sent\u00e9es : l&rsquo;approche orthodoxe, l&rsquo;approche progressiste et l&rsquo;approche existentielle.<\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #3366ff;\"><strong>Introduction<\/strong> <\/span><\/p>\n<p>Les savants religieux ou juristes affirment que d\u2019apr\u00e8s la Sharia il est obligatoire (<em>wajib<\/em>) pour les femmes (musulmanes) de se couvrir devant toute personne avec qui elles peuvent l\u00e9galement (cf. loi islamique) se marier. Les r\u00e8gles de la Sharia \u00e9tant comprises comme un commandement divin, tous les Musulmans adh\u00e8rent \u00e0 l\u2019id\u00e9e selon laquelle en les suivant l\u2019humanit\u00e9 peut atteindre la perfection aussi bien dans la vie spirituelle que sociale.<\/p>\n<p>En partant de cette croyance, pour les juristes, suivre l\u2019obligation du port du voile chez la femme permet \u00e0 la femme musulmane d\u2019atteindre la proximit\u00e9 spirituelle avec Dieu, mais assure \u00e9galement qu\u2019aucune forme de promiscuit\u00e9 sexuelle (relations sexuelles illicites ou comportements sexuels anarchiques) ne p\u00e9n\u00e8tre les structures socio-communautaires humaines. Par exemple, l\u2019Ayatollah Murtaza Mutahhari (d. 1979) dans son livre <em>La question du Hijab<\/em> tente de fournir diff\u00e9rentes raisons de l\u2019obligation pour la femme de se voiler d\u2019apr\u00e8s la Sharia : philosophique, sociale, \u00e9conomique, \u00e9thique et psychologique.<\/p>\n<p>Dans son analyse finale, il conclut que s\u2019habiller et se comporter (ou comme il le dit, \u00ab\u00a0en marchant d\u2019une fa\u00e7on particuli\u00e8re\u00a0\u00bb) de fa\u00e7on \u00e0 envoyer un signal sous entendant \u00ab\u00a0suis-moi\u00a0!\u00a0\u00bb, la femme devient la proie de regards lascifs, d\u2019o\u00f9 la raison d\u2019un point de vue de la Sharia de la n\u00e9cessit\u00e9 du port du voile chez la femme afin de prot\u00e9ger sa dignit\u00e9 en inspirant le respect aux yeux des autres \u00eatres humains <a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<p>De la m\u00eame mani\u00e8re, l\u2019Ayatollah Makarim Sh\u012br\u0101z\u012b (n. 1927) a fait remarquer que la nudit\u00e9 de la femme a le pouvoir d\u2019entra\u00eener le m\u00e2le dans une perp\u00e9tuelle stimulation. Il explique que la quantit\u00e9 de stimulation et d\u2019excitation que l\u2019homme peut endurer a des limites et la nudit\u00e9 f\u00e9minine peut affecter son \u00e9tat psychologique. Il observe qu\u2019historiquement il y a eu des crimes horribles et destructifs perp\u00e9tr\u00e9s par les hommes tent\u00e9s \u00e0 l\u2019exc\u00e8s par les femmes, si bien qu\u2019il n\u2019y a pas un seul \u00e9v\u00e9nement majeur de l\u2019Histoire o\u00f9 une femme n\u2019a pas eu \u00e0 jouer un r\u00f4le important. Partant, Sh\u012br\u0101z\u012b accepte l&rsquo;id\u00e9e que Dieu a ordonn\u00e9 aux femmes de se couvrir pour prot\u00e9ger les hommes de tous dommages psychologiques, lesquels pourraient avoir de graves cons\u00e9quences sur l\u2019ordre social de ce monde <a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>.<\/p>\n<p>En revanche, ces derni\u00e8res ann\u00e9es ont marqu\u00e9 l\u2019\u00e9mergence de nombreux Musulmans progressistes et de mouvements f\u00e9ministes qui se sont oppos\u00e9s \u00e0 la compr\u00e9hension traditionnelle de la Sharia sur l\u2019obligation du port du voile chez la femme. La question centrale qu\u2019ils soul\u00e8vent est la suivante\u00a0: <em>pourquoi la femme devrait-elle se couvrir ses cheveux et son corps pour prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats de quelques hommes libidineux\u00a0?<\/em> Cette question est devenue particuli\u00e8rement importante \u00e0 notre \u00e9poque, surtout devant le d\u00e9bat que suscite l\u2019obligation traditionnelle de la Sharia sur le port du foulard (qui est un des aspects fondamentaux du th\u00e8me \u00ab\u00a0des parties du corps que la femme doit couvrir\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>Il existe de nombreux t\u00e9moignages venant de femmes musulmanes qui font \u00e9tat de pression et de coercition de la part d\u2019une figure d\u2019autorit\u00e9 \u00e0 la maison ou dans la soci\u00e9t\u00e9 (ndt. <em>figure politique<\/em>) qui les forcent \u00e0 porter le foulard suivant la n\u00e9cessit\u00e9 traditionnelle de la Sharia ou au contraire les obligent \u00e0 l\u2019enlever. Il existe \u00e9galement des t\u00e9moignages qui affirment que le port du foulard (ou l\u2019absence de celui-ci) leur a caus\u00e9 du tort, prenant la forme de discrimination et d\u2019abus dans les espaces sociaux et communautaires ainsi que sur leur lieu de travail.<\/p>\n<p>Dans cet article, nous nous interrogerons sur la possibilit\u00e9 ou non de r\u00e9-\u00e9valuer la compr\u00e9hension traditionnelle de la Sharia sur l\u2019obligation du port du voile chez la femme, en particulier sur la question du foulard islamique. Pour ce faire, nous examinerons les versets du Coran qui font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ce th\u00e8me et nous explorerons les travaux d\u2019interpr\u00e9tations coraniques (<em>tafs\u012br<\/em>) qui ont rapport\u00e9 le contexte dans lequel ces versets ont \u00e9t\u00e9 originellement r\u00e9v\u00e9l\u00e9s. Ensuite, nous montrerons suivant trois perspectives comment ces versets ont \u00e9t\u00e9 compris et interpr\u00e9t\u00e9s : une approche orthodoxe dans la tradition juridique chi\u2019ite, une approche contextuelle de la tradition musulmane progressiste et enfin une approche existentielle. Enfin, nous montrerons que chacune de ces approches produit des r\u00e8gles de la Sharia diff\u00e9rentes dans leurs expressions sur le sujet du voile islamique.<\/p>\n<p><span style=\"color: #3366ff;\"><strong>1. Le \u00ab port du voile \u00bb islamique dans les versets coraniques<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Tout expos\u00e9 sur une th\u00e9matique li\u00e9e \u00e0 l\u2019Islam d\u00e9bute par l\u2019\u00e9tude du Coran car tous les th\u00e9ologiens musulmans sont unanimes que ce livre contient les paroles de Dieu qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9es \u00e0 Son Messager, le Proph\u00e8te Mu\u1e25ammad. Il existe trois versets dans le Coran qui font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ce que la femme doit couvrir des diff\u00e9rentes parties de son corps et en vue de cela des termes sp\u00e9cifiques ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s : <em>\u1e25ij\u0101b<\/em>, <em>jal\u0101b\u012bb<\/em> and <em>khumur<\/em>.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><strong><span style=\"color: #3366ff;\">1.1 Qu\u2019est-ce que \u00ab\u00a0<em>\u1e25ij\u0101b<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0?<\/span><\/strong><\/p>\n<p>Dans le verset 53 de la sourate 33, il est mentionn\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0[\u2026] Quand vous demandez quelque objet aux \u00e9pouses du Proph\u00e8te, faites-le derri\u00e8re un voile (<em>\u1e25ij\u0101b<\/em>). Cela est plus pur pour vos c\u0153urs et pour les c\u0153urs.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Dans ce verset, Dieu ordonne aux croyants de formuler leurs demandes aupr\u00e8s des \u00e9pouses du Proph\u00e8te de derri\u00e8re un voile. En accord avec le c\u00e9l\u00e8bre dictionnaire arabe du 11<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle sur les termes et les expressions du Coran \u00e9crit par al-R\u0101ghib al-I\u1e63fah\u0101n\u012b (d. 1108), <em>al-Mufrad\u0101t fi Ghar\u012bb al-Qur\u02be\u0101n<\/em>, le mot <em>\u1e25ij\u0101b <\/em>est d\u00e9fini comme une cloison ou un voile opaque qui ne permet pas de voir son interlocuteur <a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. Les ex\u00e9g\u00e8tes du Coran reconnaissent que ce verset a \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9 aux croyants afin de leur enseigner la mani\u00e8re d\u2019interagir avec le Proph\u00e8te dans sa propre maison.\u00a0 Ce verset ne stipule pas un commandement particulier \u00e0 l\u2019endroit des \u00e9pouses du Proph\u00e8te sur la fa\u00e7on dont elles devraient se couvrir. Il s\u2019agit au contraire d\u2019une g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 sur la mani\u00e8re de les approcher dans le cadre d\u2019une conversation, c\u2019est-\u00e0-dire de derri\u00e8re une cloison ou un voile <a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s l\u2019Ayatollah Makarim Sh\u012br\u0101z\u012b, quand ce commandement fut r\u00e9v\u00e9l\u00e9, les \u00e9pouses du Proph\u00e8te ont plac\u00e9 des rideaux sur les portes de leur appartement respectif. D\u2019autres femmes musulmanes les ont imit\u00e9es dans cette pratique <a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. Ainsi, les juristes musulmans ne recourent pas \u00e0 ce verset en premi\u00e8re instance pour \u00e9tablir l\u2019obligation de la Sharia sur le port du voile chez la femme, puisque comme ils le pr\u00e9tendent ce verset s\u2019adresse aux \u00e9pouses du Proph\u00e8te, en particulier.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><span style=\"color: #3366ff;\"><strong>1.2 Qu\u2019est-ce que \u00ab <em>jal\u0101b\u012bb<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0?\u00a0<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Dans le verset 59 de la sourate 33, il est mentionn\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0\u00d4 Proph\u00e8te\u00a0! Dis \u00e0 tes \u00e9pouses, \u00e0 tes filles et aux femmes des croyants de se couvrir de leurs voiles (<em>jal\u0101b\u012bb<\/em>). C\u2019est pour elles le meilleur moyen de se faire conna\u00eetre et de ne pas \u00eatre offens\u00e9es. [\u2026]\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Contrairement au verset pr\u00e9c\u00e9dent, dans ce verset Dieu commande \u00e0 toutes les femmes musulmanes de couvrir leur corps avec une partie de leur <em>jal\u0101b\u012bb<\/em> pour qu\u2019elles puissent \u00eatre dissoci\u00e9es des autres femmes de la soci\u00e9t\u00e9 et \u00eatre prot\u00e9g\u00e9es contre le harc\u00e8lement. Dans <em>al-Mufrad\u0101t fi Ghar\u012bb al-Qur\u02be\u0101n<\/em>, al-R\u0101ghib al-I\u1e63fah\u0101n\u012b explique que le mot <em>jal\u0101b\u012bb <\/em>(sing. <em>jilb\u0101b) <\/em>r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la paire constitu\u00e9e d\u2019un v\u00eatement ext\u00e9rieur assez large et d\u2019un foulard <a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>.<\/p>\n<p>Selon de nombreux ex\u00e9g\u00e8tes, ce verset fut r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00e0 M\u00e9dine. Le contexte \u00e9tait celui d\u2019un groupe de femme musulmanes venues se plaindre aupr\u00e8s du Proph\u00e8te des harc\u00e8lements sexuels dont elles \u00e9taient victimes de la part de certains hommes sur le chemin de la mosqu\u00e9e lorsqu\u2019elles se rendaient aux pri\u00e8res congr\u00e9gationnelles du soir. Lorsque le Proph\u00e8te mena sa propre enqu\u00eate, ces hommes qu\u2019elles accusaient ont r\u00e9pondu qu\u2019ils ignoraient que ces femmes \u00e9taient musulmanes et ils croyaient qu\u2019elles n\u2019\u00e9taient que des esclaves \u2018femelles\u2019. C\u2019est ainsi que le verset fut r\u00e9v\u00e9l\u00e9 au Proph\u00e8te lui ordonnant d\u2019informer toutes les femmes musulmanes de se couvrir du v\u00eatement large pour qu\u2019elles puissent \u00eatre distingu\u00e9es des autres femmes de la soci\u00e9t\u00e9 et ainsi \u00eatre \u00e0 l\u2019abri de tout type de harc\u00e8lement et d\u2019objectification sexuelle <a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>.<\/p>\n<p>Il est important de souligner que la signification du mot <em>jilb\u0101b <\/em>n\u2019est pas homog\u00e8ne, il peut r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 un v\u00eatement large ou \u00e0 la paire constitu\u00e9e d\u2019un v\u00eatement ext\u00e9rieur assez large et d\u2019un foulard. Les juristes musulmans ne s\u2019appuient pas n\u00e9cessairement et uniquement sur ce verset pour \u00e9tablir l\u2019obligation de la Sharia sur le port du voile chez la femme. Ce verset n\u2019est utilis\u00e9 qu\u2019\u00e0 titre de preuve confirmant la r\u00e8gle.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><span style=\"color: #3366ff;\"><strong>1.3 Qu\u2019est-ce que \u00ab <em>khumur<\/em> \u00bb\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Dans le verset 31 de la sourate 24, il est mentionn\u00e9\u00a0: \u00ab Dis aux croyantes\u00a0: de baisser leurs regards, d\u2019\u00eatre chastes, de ne montrer que l\u2019ext\u00e9rieur de leurs atours, de rabattre leurs voiles (khumur) sur leurs poitrines. [\u2026]\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Dans ce verset, Dieu ordonne aux femmes musulmanes de se couvrir en rabattant leur <em>khumur<\/em> (sing. <em>khim\u0101r<\/em>) sur leurs poitrines face aux hommes non-autoris\u00e9s. Nombreux ex\u00e9g\u00e8tes du Coran proposent pour le mot <em>khim\u0101r<\/em> la signification de bandeau <a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>, m\u00eame s\u2019il est important de souligner que le mot <em>khumur <\/em>est \u00e9galement utilis\u00e9 pour parler des turbans port\u00e9s par les hommes <a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>. Avant l\u2019av\u00e8nement de l\u2019Islam, les femmes arabes avaient l\u2019habitude de porter un bandeau ou un turban qui formait un n\u0153ud \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de la t\u00eate et un chemisier fin qui couvrait leur torse mais dont la fente avant restait partiellement ouverte laissant exposer leur cou et la partie sup\u00e9rieure de leurs poitrines. Apr\u00e8s la r\u00e9v\u00e9lation de ce verset, elles d\u00e9firent le n\u0153ud et laiss\u00e8rent tomber les bords pour couvrir leurs poitrines.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s les ex\u00e9g\u00e8tes, ce verset fut r\u00e9v\u00e9l\u00e9 en r\u00e9ponse \u00e0 un incident qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 \u00e0 M\u00e9dine. Un jeune homme d\u00e9visagea une femme qui portait le <em>khim\u0101r<\/em>. Puis il la suivit en continuant \u00e0 la fixer de son regard jusqu\u2019\u00e0 qu\u2019il se cogne contre une protub\u00e9rance qui d\u00e9passait un mur. L\u2019accident lui infligea une blessure importante au visage. Cet homme raconta l\u2019incident au Proph\u00e8te, ce qui donna lieu \u00e0 la r\u00e9v\u00e9lation de ce verset ordonnant aux femmes de rabattre les bords de leur <em>khim\u0101r <\/em>sur leurs poitrines <a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #3366ff;\">2. Le <em>fiqh<\/em> orthodoxe sur le \u00ab port du voile \u00bb chez la femme<\/span><\/strong><\/p>\n<p>Le <em>fiqh<\/em> est d\u00e9crit comme un effort humain <em>faillible<\/em> de compr\u00e9hension de la Sharia \u00e0 partir de ses sources ou des indices probants. D\u2019un point de vue de l\u2019\u00e9cole chi\u2019ite, toutes les r\u00e8gles possibles de la Sharia existent dans le module cognitif de Dieu ou dans la r\u00e9alit\u00e9 objective (<em>w\u0101qi\u02bf<\/em>). C\u2019est au juriste sp\u00e9cialiste (la plupart du temps une personne de sexe masculin qui a consacr\u00e9 plusieurs ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes dans le s\u00e9minaire religieux ou <em>hawza<\/em>) que revient le travail de d\u00e9duire et de diss\u00e9miner ces r\u00e8gles au sein de la masse chi\u2019ite. Le discours jurisprudentiel (<em>fiqh\u012b<\/em>) en Islam est sans nul doute important puisque la classe des juristes, \u00e9galement appel\u00e9s <em>fuqaha\u2019<\/em> ou <em>mujtahids<\/em> repr\u00e9sentent la voie de l\u2019orthodoxie islamique (chi\u2019ite ou sunnite). Toute opinion contraire aux affirmations des juristes orthodoxes est d\u2019habitude cat\u00e9goris\u00e9e comme h\u00e9t\u00e9rodoxe, parfois comme h\u00e9r\u00e9tique, aussi bien par les juristes que par la masse.<\/p>\n<p>Dans le <em>fiqh<\/em> chi\u2019ite, la question du port du voile est en majeur partie incluse dans le chapitre du nik\u0101\u1e25 (marriage) sous la section <em>a\u1e25k\u0101m al-na\u1e0dr<\/em> qui discute des r\u00e8gles concernant les limites \u00e0 respecter dans les interactions entre personnes en fonction de leur statut familial et social. Les juristes contemporains s\u2019accordent \u00e0 dire qu\u2019aussi bien les hommes que les femmes ont l\u2019interdiction de regarder leur nudit\u00e9 mutuellement si elles sont des personnes non-autoris\u00e9es (non-li\u00e9es par un quelconque lien) <a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, les personnes qui tombent sous le coup de cette cat\u00e9gorie ont l\u2019obligation de couvrir leur nudit\u00e9 (<em>\u02bfawra<\/em>). Les juristes chi\u2019ites pr\u00e9tendent qu\u2019un homme doit couvrir sa nudit\u00e9 en couvrant la partie qui va de son nombril \u00e0 ses genoux, tandis que la femme doit couvrir sa nudit\u00e9 en couvrant tout son corps et ses cheveux. Ils d\u00e9duisent cette obligation en tenant compte de l&rsquo;indication explicite du Coran (24:31), laquelle selon leur propre opinion \u00e9tablit les injonctions suivantes :<\/p>\n<ol>\n<li>Il oblige les hommes et les femmes \u00e0 baisser leurs regards<\/li>\n<li>Il oblige les hommes et les femmes \u00e0 dissimuler leurs parties intimes (<em>fur\u016bj<\/em>) ou leur nudit\u00e9<\/li>\n<li>Il oblige les femmes musulmanes \u00e0 couvrir leurs poitrines avec le <em>khim\u0101r<\/em><\/li>\n<li>Il oblige les femmes musulmanes \u00e0 couvrir tout, except\u00e9 ce qui se r\u00e9v\u00e8le de lui-m\u00eame<\/li>\n<\/ol>\n<p>Shaykh B\u0101qir Irw\u0101n\u012b (n. 1949) dans son travail de <em>fiqh<\/em> d\u00e9monstratif explique qu\u2019en ordonnant aux femmes et aux hommes de \u00ab baisser leurs regards \u00bb, Dieu voulait qu\u2019ils se couvrent respectivement leur nudit\u00e9, et non qu\u2019ils baissent litt\u00e9ralement leurs regards <a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>. Les juristes orthodoxes ont d\u2019abord propos\u00e9 que les cheveux ainsi que la partie sup\u00e9rieure du corps f\u00e9minin faisaient partie de la nudit\u00e9 et devaient \u00eatre couverts comme il le fut ordonn\u00e9 dans 24:31, \u00ab\u00a0de rabattre leurs <em>khumur<\/em> sur leurs poitrines \u00bb.\u00a0 En continuant le verset, il est ordonn\u00e9 aux femmes musulmanes \u00ab\u00a0de ne montrer que l\u2019ext\u00e9rieur de leurs atours\u00a0\u00bb, les juristes ont en d\u00e9duit qu\u2019en plus des cheveux et de leurs poitrines, les femmes devaient aussi couvrir l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de leur corps.<\/p>\n<p>Ainsi, ils concluent que pour couvrir sa nudit\u00e9, une femme doit couvrir ses cheveux, la partie sup\u00e9rieure et inf\u00e9rieure de son corps, et que les seules parties que la Sharia autorise \u00e0 ne pas couvrir sont le visage et les mains <a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>. \u00a0Les juristes justifient ces obligations en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 des traditions comme celle-ci\u00a0: Il a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 qu\u2019Ali b. Jaffer demanda \u00e0 son fr\u00e8re (l\u2019Imam Musa al-Kazim) les parties du corps d\u2019une femme non-autoris\u00e9e qu\u2019un homme pouvait regarder. Il lui r\u00e9pondit\u00a0: son visage et les paumes de ses mains <a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>.<\/p>\n<p>Il est clair qu\u2019en s\u2019appuyant sur les indications litt\u00e9rales ou apparentes (<em>\u1e93\u0101hir<\/em>) du Coran (24:31) et les traditions rapport\u00e9es par les imams infaillibles, les juristes chi\u2019ites ont conclu que d\u00e8s qu\u2019une femme musulmane \u00ab\u00a0libre\u00a0\u00bb atteignait l\u2019\u00e2ge de la maturit\u00e9 (<em>bul\u016bgh<\/em>) <a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>, elle devait se couvrir ses cheveux et tout son corps sauf son visage et ses mains, devant les hommes non-autoris\u00e9s.<\/p>\n<p>Il est important de souligner que les juristes orthodoxes font une distinction entre une femme musulmane \u00ab\u00a0libre\u00a0\u00bb, une femme musulmane \u00ab\u00a0esclave\u00a0\u00bb et une femme non-musulmane. Ils affirment que les parties \u00e0 couvrir pour une femme musulmane \u00ab\u00a0esclave\u00a0\u00bb et une femme non-musulmane sont diff\u00e9rentes de celles de la femme musulmane \u00ab\u00a0libre\u00a0\u00bb <a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a>. \u00a0Ils justifient cela en prenant en compte 33:59 dans lequel Dieu demande au Proph\u00e8te d\u2019ordonner \u00ab\u00a0aux femmes des croyants de se couvrir de leurs <em>jal\u0101b\u012bb<\/em>\u00a0\u00bb pour qu\u2019elles puissent \u00eatre dissoci\u00e9es des autres femmes de la soci\u00e9t\u00e9 <a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a>. M\u00eame si sujet \u00e0 d\u00e9bats, quelques juristes orthodoxes affirment que les esclaves et les femmes non-musulmanes qui vivent dans un Empire Musulman n\u2019ont pas l\u2019obligation d\u2019un point de vue de la Sharia de porter le <em>jilb\u0101b<\/em> ou le <em>khim\u0101r<\/em> devant les hommes non-autoris\u00e9s <a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a>. Curieusement, en ce qui concerne les pratiques cultuelles quotidiennes comme les pri\u00e8res (<em>\u1e63al\u0101t<\/em>), les femmes musulmanes \u00ab\u00a0esclaves\u00a0\u00bb n\u2019ont pas \u00e0 couvrir les m\u00eames parties de leur corps que les femmes musulmanes \u00ab\u00a0libres\u00a0\u00bb, m\u00eame si elles sont toutes seules <a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>.<\/p>\n<p><span style=\"color: #3366ff;\"><strong>3. Les Musulmans progressistes sur le \u00ab port du voile \u00bb chez la femme<\/strong><\/span><\/p>\n<p>De nombreux Musulmans progressistes et f\u00e9ministes affirment que l\u2019approche litt\u00e9raliste favoris\u00e9e par les juristes musulmans orthodoxes dans la lecture et la compr\u00e9hension des sources primaires, le Coran et la <em>sunna<\/em>, leur emp\u00eachent de r\u00e9pondre concr\u00e8tement aux d\u00e9fis pos\u00e9s par la modernit\u00e9 dont la population musulmane \u00e0 travers le monde en fait l\u2019exp\u00e9rience <a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a>.<\/p>\n<p>Ils maintiennent que l\u2019un des probl\u00e8mes de cette approche litt\u00e9raliste est celui de priver les juristes \u00e0 un examen du contexte originel dans lequel les diff\u00e9rents ordres coraniques ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9s. En cons\u00e9quence, une telle approche peut conduire un juriste \u00e0 d\u00e9duire des r\u00e8gles erron\u00e9es de la Sharia, c\u2019est-\u00e0-dire des r\u00e8gles qui ne seraient pas inscrites dans le module cognitif de Dieu ou dans la r\u00e9alit\u00e9 objective, et de ce pas sont n\u00e9glig\u00e9es les intentions r\u00e9elles de ces ordres divins <a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\">[22]<\/a>.<\/p>\n<p>Vis-\u00e0-vis des r\u00e8gles de la Sharia sur le port du voile chez la femme, certains Musulmans progressistes font remarquer que les ex\u00e9g\u00e8ses ainsi que d\u2019autres sources telles que les rapports historiques sur le contexte plus global du temps de r\u00e9v\u00e9lation, montrent que les pr\u00e9c\u00e9dents versets cit\u00e9s du Coran n\u2019ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9s que pour prot\u00e9ger les femmes du harc\u00e8lement et de l\u2019objectification sexuelle de certains semeurs de trouble plut\u00f4t que de donner des indications sur un dresse-code musulman ou pr\u00e9server la soci\u00e9t\u00e9 des tentations sexuelles malsaines, comme cela a \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9 par Murtaza Mutahhari ou Makarim Sh\u012br\u0101z\u012b <a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a>.<\/p>\n<p>Pour d\u00e9fendre cette id\u00e9e, les Musulmans progressistes s\u2019appuient sur l\u2019argument suivant lequel <em>si la finalit\u00e9 de la Sharia avait \u00e9t\u00e9 de proposer un dresse-code musulman ou de pr\u00e9server la soci\u00e9t\u00e9 des tentations sexuelles malsaines, alors elle aurait ordonn\u00e9 \u00e0 toutes les femmes au sein de l\u2019Empire Musulman un code vestimentaire unique<\/em>. Cependant, plusieurs sources y compris les travaux en <em>fiqh<\/em> du courant orthodoxe soulignent que les femmes musulmanes \u00ab\u00a0esclaves\u00a0\u00bb n\u2019avaient pas \u00e0 s\u2019habiller de la m\u00eame mani\u00e8re que les femmes musulmanes \u00ab\u00a0libres\u00a0\u00bb, appartenant \u00e0 la classe sup\u00e9rieure de la soci\u00e9t\u00e9 <a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a>.<\/p>\n<p>De plus, les traditions indiquent que le Proph\u00e8te avait autoris\u00e9 les femmes non-musulmanes \u00e0 s\u2019habiller selon les r\u00e8gles propres \u00e0 leurs \u00e9critures saintes et leur culture religieuse. Par cons\u00e9quent, elles \u00e9taient libres de choisir les parties de leur corps qu\u2019elles consid\u00e9raient n\u00e9cessaires de couvrir. Certaines avaient pu couvrir tout le corps et d\u2019autres seulement certaines parties.<\/p>\n<p>En ce qui concerne l\u2019obligation de la Sharia sur le fait de couvrir les cheveux ou de porter un foulard, Nasr Hamid Abu Zayd (d. 2010), un th\u00e9ologien lib\u00e9ral \u00e9gyptien et Khaled Abou el-Fadl (n. 1963), un universitaire musulman et savant ayant suivi une \u00e9ducation religieuse dans les s\u00e9minaires, tous deux affirment que cela n\u2019est pas n\u00e9cessaire <a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a>. \u00a0Ils d\u00e9duisent cette affirmation en d\u00e9fendant que le mot <em>khim\u0101r<\/em> qui appara\u00eet dans 24:31 n\u2019a pas une signification claire. Par exemple, el-Fadl souligne que certains orthodoxes disent qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un morceau de tissu qui couvre les cheveux, d\u2019autres disent que cela r\u00e9f\u00e8re \u00e0 quelque chose qui couvre aussi bien les cheveux que le visage.<\/p>\n<p>El-Fadl dit\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Selon mon opinion, et Dieu conna\u00eet mieux, les deux \u00e9coles de pens\u00e9e \u2013 celle qui consid\u00e8re que le<em> khim\u0101r<\/em> couvre le visage et celle qui consid\u00e8re que le <em>khim\u0101r<\/em> couvre les cheveux et non le visage \u2013 sont anachroniques dans le fait d\u2019affirmer l\u2019existence d\u2019une pratique dont l\u2019historicit\u00e9 n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9e. Le fait de dire qu\u2019au cours de la p\u00e9riode ante-islamique du Hijaz le <em>khim\u0101r <\/em>servait \u00e0 couvrir le visage ou \u00e0 couvrir les cheveux ne repose sur aucune preuve. La seule chose que le verset nous permet de dire avec certitude c\u2019est qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 demand\u00e9 aux femmes musulmanes de rabattre un morceau de tissu (<em>khim\u0101r<\/em>) sur leurs poitrines \u2013 que ce tissu couvrait ou non le visage ou les cheveux, nous n\u2019avons pas la possibilit\u00e9 de le savoir. En d\u2019autres termes, dans ce verset le Coran appelle les femmes \u00e0 couvrir leurs poitrines. Tout \u00e9l\u00e9ment au-del\u00e0 de cette conclusion demande une investigation d\u00e9taill\u00e9e sur les pratiques sociales sur le <em>khim\u0101r<\/em> (le code vestimentaire) au moment de la r\u00e9v\u00e9lation. Les faits historiques sont tr\u00e8s divers et plus complexes que ce que les savants contemporains pr\u00e9tendent <a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\">[26]<\/a>.<\/p>\n<p>Selon el-Fadl, le foulard (le voile) ne fait pas partie des fondamentaux de la foi musulmane, mais il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019un \u00ab\u00a0symbole de l\u2019identit\u00e9 musulmane\u00a0\u00bb. M\u00eame s\u2019il souligne de fa\u00e7on juste qu\u2019il n\u2019y aucun moyen d\u2019acc\u00e9der \u00e0 des sources anciennes pour d\u00e9terminer ce qu\u2019est le <em>khim\u0101r<\/em>, il est important de souligner que comme il a \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment les anciens dictionnaires sur le Coran, dont le tout premier est apparu quelques <em>trois cents ans apr\u00e8s la r\u00e9v\u00e9lation<\/em>, d\u00e9finissent le <em>khim\u0101r<\/em> comme un fichu ou un type de couvre-chef <a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a>.<\/p>\n<p>Certains pr\u00e9tendent que se couvrir la t\u00eate, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une femme ou d\u2019un homme, fut une tendance des r\u00e9gions arabes en raison de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 des conditions climatiques <a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\">[28]<\/a>. Les gens qui vivaient dans des r\u00e9gions chaudes portaient d\u2019habitude un couvre-chef pour se prot\u00e9ger des rayons du soleil. En consid\u00e9rant ces informations, il ne serait pas exag\u00e9r\u00e9 de conclure que m\u00eame si le <em>khim\u0101r<\/em> r\u00e9f\u00e9rait \u00e0 un fichu ou \u00e0 un couvre-chef, couvrant les cheveux, cela n\u2019\u00e9tait pas une r\u00e8gle essentielle de la Sharia car si cela avait \u00e9t\u00e9 le cas, Dieu aurait explicitement demand\u00e9 \u00e0 chaque femme musulmane de couvrir leurs cheveux et leurs poitrines avec le <em>khim\u0101r<\/em>.<\/p>\n<p>Leila Ahmed, dans <em>Women and Gender in Islam<\/em>, donne l\u2019impression qu\u2019apr\u00e8s la r\u00e9v\u00e9lation des diff\u00e9rents versets pr\u00e9cit\u00e9s, les femmes musulmanes \u00ab libres \u00bb ont accueilli avec beaucoup d\u2019enthousiasme le message et ont accept\u00e9 l\u2019obligation de se couvrir, se sentant lib\u00e9r\u00e9es \u00e0 travers cette pratique. La principale raison est que porter le voile ou couvrir le corps chez les femmes \u00e9tait une pratique courante au sein des membres de l\u2019aristocratie de la soci\u00e9t\u00e9 arabe, \u00e0 l\u2019aube de la r\u00e9v\u00e9lation.<\/p>\n<p>Cette pratique a dans un premier temps \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie par les Assyriens dans la r\u00e9gion m\u00e9sopotamienne, au Moyen-Orient. Ces derniers avaient ordonn\u00e9 aux \u00e9pouses et aux filles de la seigneurie de se couvrir d\u2019un voile devant les hommes non-autoris\u00e9s, alors que les esclaves \u00ab\u00a0femelles\u00a0\u00bb et les prostitu\u00e9es n\u2019avaient pas l\u2019autorisation de le porter. Selon Leila Ahmed, cette pratique permit aux Assyriens de dissocier les femmes respectueuses de celles qui \u00e9taient sexuellement disponibles. Avec le temps, les conqu\u00eates et les interactions interculturelles, cette pratique fut progressivement adopt\u00e9e dans les r\u00e9gions du Moyen-Orient, comme une norme de distinction sociale chez la population aristocrate. En cons\u00e9quence, quand le Coran a ordonn\u00e9 aux femmes de se couvrir, cette pratique fut facilement adopt\u00e9e par les femmes musulmanes \u00ab\u00a0libres\u00a0\u00bb car elle leur permettait d\u2019\u00e9lever leur statut social <a href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\">[29]<\/a>.<\/p>\n<p>Compte tenu des contextes de r\u00e9v\u00e9lation de ces versets, les Musulmans progressistes ont raison de souligner qu\u2019il n\u2019existe plus \u00e0 notre \u00e9poque une distinction entre femme \u00ab\u00a0libres\u00a0\u00bb et femmes \u00ab\u00a0esclaves\u00a0\u00bb. De ce fait, ils concluent que bien que la Sharia demande aux femmes et aux hommes de couvrir leurs parties intimes ou leur nudit\u00e9, il appartient \u00e0 la femme de choisir ce qu\u2019elle estime qu\u2019elle doit couvrir tant que cela peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme modeste. Par exemple, el-Fadl dans sa fatwa sur le <em>\u1e25ij\u0101b<\/em> dit la chose suivante\u00a0: \u00ab\u00a0Il est important de souligner que si l\u2019on tient compte de ces versets coraniques dans leur ensemble, ce qui est clair c\u2019est que le Coran semble donner de l\u2019importance \u00e0 la modestie et \u00e0 l\u2019humilit\u00e9. Les r\u00e9cits sur le <em>khim\u0101r <\/em>et sur le <em>jilb\u0101b<\/em> ne permettent pas de proposer un type d\u2019accessoire uniforme et d\u00e9termin\u00e9 comme le fichu ou le couvre-chef, ou ce qui dans la p\u00e9riode contemporaine est consid\u00e9r\u00e9 comme le <em>\u1e25ij\u0101b<\/em>.\u00a0 Selon mon opinion, l\u2019humilit\u00e9, la modestie et la pi\u00e9t\u00e9 individuelle sont bien plus importantes aux yeux de Dieu que tout v\u00eatement formalis\u00e9, peu importe la sacralit\u00e9 de cette apparence <a href=\"#_ftn30\" name=\"_ftnref30\">[30]<\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019approche contextuelle favoris\u00e9e par les Musulmans progressistes donnent l\u2019impression que la pratique du port du voile (ou l\u2019obligation du port du voile chez la femme selon l\u2019exigence juridique orthodoxe) a trouv\u00e9 sa justification au moment de la r\u00e9v\u00e9lation. Cependant, cette pratique ne trouve plus aucune justification \u00e0 notre \u00e9poque et en cons\u00e9quence, ne peut \u00eatre impos\u00e9e dans la sph\u00e8re priv\u00e9e ou \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale aux femmes sous le pr\u00e9texte qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une r\u00e8gle divine de la Sharia.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #3366ff;\">4. Une approche existentielle sur le \u00ab port du voile \u00bb chez la femme<\/span><\/strong><\/p>\n<p>L\u2019approche existentielle s\u2019appuie sur cette pr\u00e9misse fondamentale qui maintient que tout ce qui existe, y compris les \u00eatres humains, sont dans un \u00e9tat de croissance continue et changeant. Plus l\u2019\u00eatre humain fait l\u2019exp\u00e9rience de la croissance dans son existence, plus il devient conscient de lui-m\u00eame et par cet \u00e9lan d\u00e9couvre un lien profond avec ce qui le fait exister, c\u2019est-\u00e0-dire Dieu.<\/p>\n<p>Au sein de l\u2019approche existentielle, la Sharia est comprise comme un catalyseur qui facilite aux Musulmans l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la croissance. La compr\u00e9hension humaine des r\u00e8gles de la Sharia (<em>fiqh<\/em>) peut varier en fonction du niveau de croissance atteint par l\u2019\u00eatre humain individuellement et socialement. Ainsi, cette approche d\u00e9fend l\u2019id\u00e9e qu\u2019il n\u2019existe aucune fin \u00e0 la compr\u00e9hension humaine de la Sharia et que les r\u00e8gles de la Sharia demandent \u00e0 \u00eatre \u00e9valu\u00e9es et examin\u00e9es constamment par rapport aux diff\u00e9rents contextes humains <a href=\"#_ftn31\" name=\"_ftnref31\">[31]<\/a>.<\/p>\n<p>La m\u00e9thode herm\u00e9neutique de l\u2019interpr\u00e9tation que l\u2019approche existentielle accepte pour \u00e9valuer et examiner l\u2019efficacit\u00e9 des r\u00e8gles de la Sharia est celle de distinguer l\u2019<em>essence<\/em> et la <em>forme<\/em> des d\u00e9crets divins que l\u2019on retrouve dans le Coran et la <em>sunna<\/em>. L\u2019<em>essence<\/em> r\u00e9f\u00e8re aux valeurs universelles relay\u00e9es par le Coran et la <em>sunna<\/em> dont la port\u00e9e transcende le contexte de r\u00e9v\u00e9lation originel, tandis que la <em>forme<\/em> r\u00e9f\u00e8re aux valeurs litt\u00e9rales relay\u00e9es toujours par le Coran et la <em>sunna<\/em> dont la port\u00e9e est limit\u00e9e au contexte de r\u00e9v\u00e9lation ou \u00e0 un contexte qui pr\u00e9sente des similarit\u00e9s avec le contexte de r\u00e9v\u00e9lation. L\u2019approche existentielle admet qu\u2019au cours de la p\u00e9riode de r\u00e9v\u00e9lation, au 7<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle de l\u2019Arabie, il n\u2019\u00e9tait pas concevable de r\u00e9aliser une diff\u00e9rence herm\u00e9neutique entre l\u2019<em>essence<\/em> et la <em>forme<\/em> des d\u00e9crets divins.<\/p>\n<p>La raison principale est qu\u2019au cours de cette p\u00e9riode de r\u00e9v\u00e9lation, la <em>forme<\/em> ou la signification litt\u00e9rale du Coran et de la <em>sunna<\/em>, relay\u00e9e d\u00e9j\u00e0 assez clairement l\u2019<em>essence<\/em> ou les valeurs universelles pr\u00e9vues par Dieu ou par sa Sharia. Cependant, les avanc\u00e9es significatives dans les diff\u00e9rents champs de la technologie, de la recherche, des mod\u00e8les de soci\u00e9t\u00e9s et de politiques, ont cr\u00e9e un foss\u00e9 majeur entre le contexte de r\u00e9v\u00e9lation et le contexte qu\u2019est le n\u00f4tre. En cons\u00e9quence, la s\u00e9paration entre <em>essence<\/em> et <em>forme<\/em> des d\u00e9crets divins est bien plus marqu\u00e9e que dans les temps anciens. Ce qui implique que la <em>forme<\/em> ou la signification litt\u00e9rale du Coran et de la <em>sunna<\/em> ne relaye pas de fa\u00e7on coh\u00e9rente les valeurs universelles pr\u00e9vues par Dieu.<\/p>\n<p>Sur la question de l\u2019obligation de se couvrir chez la femme, l\u2019<em>essence<\/em> ou les valeurs essentielles qui peuvent \u00eatre inf\u00e9r\u00e9es \u00e0 partir des versets du Coran et \u00e0 partir de la <em>sunna<\/em> du Proph\u00e8te et des imams infaillibles, sont\u00a0:<\/p>\n<p>a) Elle permet de prot\u00e9ger leur nudit\u00e9 ou leurs parties intimes<br \/>\nb) Elle leur prot\u00e8ge contre le harc\u00e8lement et l\u2019objectification sexuelle<\/p>\n<p>Ces deux valeurs sont importantes et applicables universellement. Elles transcendent le contexte originel de la r\u00e9v\u00e9lation et restent pertinentes dans diff\u00e9rentes cultures et zones g\u00e9ographiques du monde.<\/p>\n<p>Peu importe le contexte dans lequel une femme ou un homme \u00e9volue, la structure sociale impose que les \u00eatres humains couvrent leur nudit\u00e9 ou leurs parties intimes en public pour plusieurs raisons, allant d\u2019une pratique qui emp\u00eache la promiscuit\u00e9 sexuelle dans la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 symboliser un indicateur du degr\u00e9 de modestie et de dignit\u00e9 d\u2019une personne. De plus, diff\u00e9rentes cultures et diff\u00e9rentes soci\u00e9t\u00e9s reconnaissent que la femme, ainsi que l\u2019homme, doivent \u00eatre prot\u00e9g\u00e9s de tout harc\u00e8lement et de toute objectification sexuelle.<\/p>\n<p>La <em>forme<\/em> de l\u2019obligation du voile chez la femme stipul\u00e9e au cours de la p\u00e9riode de r\u00e9v\u00e9lation encapsulait les valeurs pr\u00e9cit\u00e9es et essentielles de la Sharia. Il semblerait que la Sharia a \u00e9tabli une triple distinction dans la mani\u00e8re de cat\u00e9goriser les femmes en fonction de leur statut social et pour chaque cat\u00e9gorie a stipul\u00e9 une <em>forme<\/em> particuli\u00e8re de code vestimentaire.<\/p>\n<ol start=\"1\">\n<li>La premi\u00e8re cat\u00e9gorie de femmes est repr\u00e9sent\u00e9e par les \u00e9pouses et les filles du Proph\u00e8te. Cette cat\u00e9gorie appartient \u00e0 la classe sociale la plus haute des femmes de la p\u00e9riode de r\u00e9v\u00e9lation. Les femmes qui appartenaient \u00e0 cette cat\u00e9gorie n\u2019avaient pas seulement re\u00e7u l\u2019ordre de se couvrir avec le <em>khim\u0101r<\/em> et le <em>jilb\u0101b<\/em> devant les hommes non-autoris\u00e9s, mais elles devaient \u00e9galement communiquer avec ces derniers de derri\u00e8re le <em>\u1e25ij\u0101b<\/em>.<\/li>\n<li>La deuxi\u00e8me cat\u00e9gorie de femmes est repr\u00e9sent\u00e9e par les femmes musulmanes dites \u00ab\u00a0libres\u00a0\u00bb. Cette cat\u00e9gorie appartenait \u00e0 la classe moyenne des femmes et avaient re\u00e7u l\u2019ordre de se couvrir avec le <em>khim\u0101r<\/em> et le <em>jilb\u0101b<\/em> devant les hommes non-autoris\u00e9s, mais n\u2019avaient pas l\u2019obligation de communiquer avec eux de derri\u00e8re le <em>\u1e25ij\u0101b<\/em>.<\/li>\n<li>La troisi\u00e8me cat\u00e9gorie de femmes est celle des femmes musulmanes \u00ab esclaves \u00bb. Elles repr\u00e9sentaient la classe inf\u00e9rieure \u00e0 qui \u00e9tait demand\u00e9 de couvrir leur nudit\u00e9 ou leurs parties intimes devant les hommes non-autoris\u00e9s, mais non dans la m\u00eame mesure que les femmes musulmanes \u00ab libres \u00bb et les \u00e9pouses ainsi que les filles du Proph\u00e8te.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\u00c9tant donn\u00e9 que cette cat\u00e9gorisation n\u2019est plus valable \u00e0 notre \u00e9poque, il serait tentant d\u2019affirmer comme le font les Musulmans progressistes que la <em>forme<\/em> particuli\u00e8re du code vestimentaire stipul\u00e9e dans la Sharia au cours de la p\u00e9riode de r\u00e9v\u00e9lation n\u2019est plus applicable universellement telle qu\u2019elle le fut \u00e0 ses d\u00e9buts. \u00c0 premi\u00e8re vue, cette position est tentante, mais une question reste en suspens :\u00a0 qu\u2019est-ce qui constitue un code vestimentaire respectable et conforme \u00e0 la Sharia pour les femmes \u00e0 notre \u00e9poque ? \u00a0En d\u2019autres termes, quelle(s) partie(s) de son corps la femme musulmane doit-elle couvrir pour s\u2019assurer qu\u2019elle ne soit pas per\u00e7ue comme \u2018nue\u2019 tout en se conformant aux attentes essentielles de la Sharia ?<\/p>\n<p>Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question, l\u2019approche existentielle d\u00e9fend la position suivante. M\u00eame si le Coran a demand\u00e9 aux femmes et aux hommes de couvrir leur nudit\u00e9, une compr\u00e9hension du concept de \u2018nudit\u00e9\u2019 doit \u00eatre contingente aux normes socio-culturelles des diff\u00e9rentes zones g\u00e9ographiques.<\/p>\n<p>Certaines r\u00e9gions autour du globe, \u00e0 tort ou \u00e0 raison, consid\u00e8re une femme comme respectable et d\u00e9cente si elle couvre enti\u00e8rement son corps et ses cheveux et comme indigne, nue ou sexuellement dispos\u00e9e si elle ne se couvre pas. Ces r\u00e9gions ou sous-r\u00e9gions <a href=\"#_ftn32\" name=\"_ftnref32\">[32]<\/a> partagent des similarit\u00e9s avec le contexte originel de la r\u00e9v\u00e9lation et une approche existentielle estimerait que la Sharia voudrait que les femmes se couvrent aussi bien leurs cheveux que leur corps chaque fois qu\u2019elles s\u2019y trouvent. Ce code vestimentaire les prot\u00e9gerait de tout type de harc\u00e8lement ou d\u2019objectification sexuelle. Tandis que dans d\u2019autres r\u00e9gions, \u00e0 tort ou \u00e0 raison, on ne tient pas compte du code vestimentaire de la femme ou des parties du corps qu\u2019elle couvre pour la consid\u00e9rer comme respectueuse et d\u00e9cente. Dans ces r\u00e9gions, l\u2019approche existentielle estimerait que la Sharia autoriserait les femmes \u00e0 adopter elles-m\u00eames de mani\u00e8re consciente les parties de leur corps qu\u2019elles souhaitent couvrir, tant que ce code vestimentaire est consid\u00e9r\u00e9 comme d\u00e9cent dans leur lieu-dit et qu\u2019il les prot\u00e8ge du harc\u00e8lement et de l\u2019objectification sexuelle.<\/p>\n<p>Donc, la Sharia reste fluide quant \u00e0 la <em>forme<\/em> du code vestimentaire que la femme doit adopter tant que l\u2019<em>essence<\/em> qui est celle de couvrir sa nudit\u00e9 et de se prot\u00e9ger du harc\u00e8lement et de l\u2019objectification sexuelle, est remplie. Cela permet \u00e0 diff\u00e9rentes zones g\u00e9ographiques autour du globe de fournir leur propre d\u00e9finition du concept de \u2018nudit\u00e9\u2019 ou ce que ces derni\u00e8res consid\u00e9reraient comme code vestimentaire respectable et d\u00e9cent, et cela en accord avec les conventions socio-culturelles qui sont construites normalement sur la base de facteurs politiques, \u00e9conomiques, \u00e9ducationnelles et technologiques.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #3366ff;\">5. Conclusion<\/span><\/strong><\/p>\n<p>L\u2019objectif de cet article a \u00e9t\u00e9 de s\u2019interroger sur l\u2019amplitude possible de remise en question de la compr\u00e9hension traditionnelle de la Sharia sur l\u2019obligation du voile chez la femme, et en particulier la n\u00e9cessit\u00e9 du port du foulard. Il a \u00e9t\u00e9 montr\u00e9 comment les versets coraniques sur cette th\u00e9matique ont \u00e9t\u00e9 compris et interpr\u00e9t\u00e9s \u00e0 travers trois\u00a0 approches diff\u00e9rentes et comment chacune des approches menait \u00e0 des r\u00e8gles, c\u2019est-\u00e0-dire des solutions diff\u00e9rentes, de la Sharia.<\/p>\n<p>\u00c0 partir de l\u2019approche juridique orthodoxe, qui favorise une <em>lecture litt\u00e9raliste<\/em> du Coran et de la <em>sunna<\/em>, la Sharia ordonne aux femmes de se couvrir les cheveux et le corps tout entier devant les hommes non-autoris\u00e9s. Selon les juristes orthodoxes, cette r\u00e8gle est universelle et donc, applicable \u00e0 tous les contextes socio-culturels.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019inverse, l\u2019approche des Musulmans progressistes favorise une <em>lecture contextuelle<\/em> du Coran et de la <em>sunna<\/em>. Ainsi, ses partisans affirment que les r\u00e8gles de la Sharia sur l\u2019obligation du port du voile furent r\u00e9v\u00e9l\u00e9es dans un contexte socio-culturel qui n\u2019existe plus \u00e0 notre \u00e9poque, par voie de cons\u00e9quence la Sharia ne demande plus aux femmes de se couvrir leur corps et leurs cheveux, mais leur laisse le choix du code vestimentaire tant que celui-ci r\u00e9pond au crit\u00e8re de d\u00e9cence.<\/p>\n<p>L\u2019approche existentielle, selon notre opinion, d\u00e9fend une <em>position du juste milieu<\/em> en comparaison des deux approches pr\u00e9c\u00e9dentes, orthodoxe et progressiste. Elle d\u00e9fend l\u2019id\u00e9e de la fluidit\u00e9 de la Sharia par rapport \u00e0 la <em>forme<\/em> du code vestimentaire de la femme, \u00e0 condition que les deux crit\u00e8res de l\u2019<em>essence<\/em> soient remplis, c\u2019est-\u00e0-dire couvrir sa nudit\u00e9 et \u00eatre prot\u00e9g\u00e9 du harc\u00e8lement et de l\u2019objectification sexuelle. Cela permet \u00e0 diff\u00e9rentes r\u00e9gions du globe d\u2019avoir leur propre compr\u00e9hension et d\u00e9finition du concept de \u2018nudit\u00e9\u2019 ou ce qu\u2019elles pourraient consid\u00e9rer comme un code vestimentaire d\u00e9cent et respectable, sur la base de leurs conventions socio-culturelles respectives.<\/p>\n<p>En ce qui concerne le foulard, si une femme vit dans un contexte o\u00f9 la convention socio-culturelle la consid\u00e8re comme \u2018nue\u2019 ou ind\u00e9cente dans le cas o\u00f9 ses cheveux ne seraient pas couverts, alors la Sharia lui demanderait de porter le foulard. \u00c0 l\u2019inverse, si cette femme vivait dans un contexte o\u00f9 la convention socio-culturelle ne la consid\u00e9rerait pas comme \u2018nue\u2019 ou ind\u00e9cente si elle ne couvrait pas ses cheveux, alors la Sharia lui autoriserait \u00e0 faire son propre choix sur le fait de porter ou non le foulard.<\/p>\n<p>Le fait que diff\u00e9rentes approches du Coran et de la <em>sunna<\/em> m\u00e8nent \u00e0 diff\u00e9rentes solutions d\u2019un point de vue de la Sharia constitue le principal d\u00e9fi pour chaque Musulman homme et femme. Choisir une approche herm\u00e9neutique du Coran et de la <em>sunna<\/em>, implique une mani\u00e8re d\u2019interpr\u00e9ter, de comprendre et de d\u00e9duire les r\u00e8gles de la Sharia qui y sont inscrites. Peut-\u00eatre que la mani\u00e8re optimale pour un individu sur le choix de l\u2019approche herm\u00e9neutique qu\u2019il souhaite adopter passe par une \u00e9valuation de celles qui existent et de chercher \u00e0 savoir quelle est celle qui r\u00e9sonne avec sa conception du monde et sa relation avec Dieu.<\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Le titre de l&rsquo;article a \u00e9t\u00e9 librement modifi\u00e9 par le traducteur, \u00e0 l&rsquo;origine &lsquo;Approaches to Female Covering in Sharia&rsquo;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Murtaza Mutahhari, <em>On the Islamic Hijab<\/em>, (International Publishing: Tehran, 1961) 53.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> N\u0101\u1e63ir Mak\u0101rim al-Sh\u012br\u0101z\u012b, <em>180 Questions; Enquiries about Islam<\/em>, (World Federation of KSIMC: London, 2005) 90.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Al-R\u0101ghib al-I\u1e63fah\u0101n\u012b, <em>Mufrad\u0101t al-Alf\u0101\u1e93 al-Qur\u02be\u0101n<\/em>, (D\u0101r al-Qalam: Damascus, 2009) 221.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Voir Ab\u016b \u02bfAl\u012b al-\u1e6cabaras\u012b, <em>Majma\u02bf al-Bay\u0101n f\u012b Tafs\u012br al-Qur\u02be\u0101n<\/em>, (Naser Khosrow Publications: Tehran, 1993) 8:576; Ab\u016b Ja\u02bffar al-\u1e6cabar\u012b, <em>J\u0101mi\u02bf al-Bay\u0101n f\u012b Tafs\u012br al-Qur\u0101n<\/em>, (D\u0101r al-Ma\u02bfrifa: Beirut, 1991) 22:27.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> N\u0101sir Mak\u0101rim Shiraz\u012b, <em>al-Amthal f\u012b Tafs\u012br kit\u0101b Allah al-Munzal<\/em>, (Madrasa Imam Ali b. Abi Talib: Qum, 2000) 13:329.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> R\u0101ghib al-I\u1e63fah\u0101n\u012b, <em>Mufrad\u0101t, <\/em>199.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Voir Mak\u0101rim al-Sh\u012br\u0101z\u012b, <em>al-Amthal<\/em>, (Muassasa Bi\u2019tha: Beirut, 1996), 13:320-327; Mu\u1e25ammad \u1e24usayn \u1e6cab\u0101\u1e6dab\u0101\u02bf\u012b, <em>al-M\u012bz\u0101n f\u012b Tafs\u012br al-Qur\u0101n<\/em>, (Mu\u02beassasat al-Nashr al-Isl\u0101m\u012b: Qum, 1996), 16:344.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> \u1e6cab\u0101\u1e6dab\u0101\u02bf\u012b, <em>al-M\u012bz\u0101n<\/em>, 15: 112.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Voir Ibn Man\u1e93\u016br, <em>Lis\u0101n al-\u02bfArab<\/em>, (D\u0101r Sadir: Beirut, 1994), 4:258; Voir aussi Murta\u1e0d\u0101 al-Zab\u012bd\u012b, <em>T\u0101j al-\u02bfAr\u016b<\/em>s, (D\u0101r al-Fikr: Beirut, 1993), 6:366.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> \u1e6cab\u0101\u1e6dab\u0101\u02bf\u012b, <em>al-M\u012bz\u0101n<\/em>, 15:116; \u1e24urr al-\u02bf\u0100mil\u012b, <em>al-Was\u0101\u02beil al-Sh\u012b\u02bfa<\/em>: <em>Kit\u0101b al-Nik\u0101\u1e25<\/em>, (Mu\u02beassasat \u0100l al-Bayt: Qum, 1996) 20:192; H\u0101shim Ba\u1e25r\u0101n\u012b, <em>Al-Burh\u0101n f\u012b Tafs\u012br al-Qur\u02be\u0101n<\/em>, (D\u0101r al-Bithat: Tehran, 1995), 4:59.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Les diff\u00e9rentes cat\u00e9gories de rapports sont sp\u00e9cifi\u00e9es dans le Coran 24:31.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> B\u0101qir Irw\u0101n\u012b, <em>Dur\u016bs Tamh\u012bdiyya fi-l Qaw\u0101\u02bfid al-Fiqhiyya,<\/em> (Mu\u02beassasat al-Fiqh: Qum, 1996), 3:24-25.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> Par exemple, voir Mu\u1e25ammad K\u0101\u1e93im al-Yazd\u012b, <em>al-\u02bfUrwat al-Wuthqa<\/em>, (Mu\u02beassasat al-Nashr al-Isl\u0101m\u012b: Qum, 1998) 5:487. Il est important de savoir que certains juristes chi\u2019ites sont d\u2019avis qu\u2019en plus des cheveux et du corps, la femme doit couvrir son visage et ses mains. Par exemple, voir \u02bfAbd al-\u0100\u02bfla al-Subzaw\u0101r\u012b, <em>Madhab al-A\u1e25k\u0101m f\u012b Bayan al-\u1e24al\u0101l wa-l \u1e24ar\u0101m<\/em>, (D\u0101r al-Tafs\u012br: Qum, 2008) 5:231.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> Mu\u1e25ammad Hassan al-Najaf\u012b, <em>Jaw\u0101hir al-Kal\u0101m f\u012b Shar\u1e25 Shar\u0101\u02bei\u02bf al-Isl\u0101m<\/em>, (D\u0101r I\u1e25y\u0101\u02bc al-Tur\u0101th al-Arabi: Beirut, 1981), 29:75; \u1e24urr al-\u02bf\u0100mil\u012b, <em>al-Was\u0101\u02beil al-Sh\u012b\u02bfa<\/em>, 20:202.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> Pour plus de d\u00e9tail sur la compr\u00e9hension du concept de <em>bul\u016bgh<\/em> dans la Sharia voir International centre for Collective Ijtih\u0101d, <em>What is the age of bul\u016bgh for boys and girls in Islam?<\/em> \u00a0<a href=\"https:\/\/www.collectiveijtihad.org\/blog\/age-of-puberty\">https:\/\/www.collectiveijtihad.org\/blog\/age-of-puberty<\/a>, 2018 [acc\u00e8s le 29 Mars 2021].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> Par exemple, voir Yazd\u012b,<em> al-\u02bfUrwat al-Wuthqa<\/em>, 5:485; Mu\u1e25aqiq al-\u1e24ill\u012b, <em>Shar\u0101\u02bei\u02bf al-Isl\u0101m f\u012b Mas\u0101\u02beil al-\u1e24al\u0101l wa-l \u1e24ar\u0101m<\/em>, (Mu\u02beassasat al-Ism\u0101\u02bf\u012bl\u012by\u0101n: Qum, 1987) 1:60; Ab\u016b Q\u0101sim al-Kh\u016b\u02be\u012b, <em>al-Mab\u0101n\u012b f\u012b shar\u1e25<\/em> <em>al-\u02bfUrwat al-Wuthqa<\/em>, (Mu\u02bcassasat I\u1e25y\u0101\u02bc \u0100th\u0101r al-Im\u0101m al-Kh\u016b\u02bc\u012b: Qum, 1998), 2:24-28.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> Par exemple, voir F\u0101\u1e0dil Lankar\u0101n\u012b, <em>Taf\u1e63\u012bl al-Sharia f\u012b shar\u1e25 Ta\u1e25rir al-Was\u012bla (Kit\u0101b al-Sal\u0101t)<\/em>, (Markaz Fiqh\u012b: Qum, 2008), 2:35; En plus de ce verset, al-Kh\u016b\u02be\u012b fait remarquer la traditition suivante : \u201cLe Proph\u00e8te a dit que : \u00ab\u00a0Il n\u2019est pas interdit de regarder les cheveux et les bras des non-Musulmans\u201d see Kh\u016b\u02be\u012b, <em>al-Mab\u0101n\u012b f\u012b shar\u1e25<\/em> <em>al-\u02bfUrwat al-Wuthqa<\/em>, 2:24.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> Par exemple, voir la publication r\u00e9cente intitul\u00e9e <em>\u02bfUrwat al-Wuthq\u0101<\/em> <em>wa ta\u02bfl\u012bq\u0101t \u02bfalayh\u0101<\/em>, qui parcourt quarante-et-un commentaire sur <em>\u02bfUrwat al-Wuthq\u0101<\/em> par le juriste shi\u2019ite contemporain. Mu\u1e25ammad K\u0101\u1e93im al-\u1e6cab\u0101\u1e6dab\u0101\u02bf\u012b al-Yazd\u012b,<em> \u02bfUrwat al-Wuthq\u0101<\/em> <em>wa ta\u02bfl\u012bq\u0101t \u02bfalayh\u0101<\/em>, 13 vols. (Qum: Mu\u02beassasat al-Sib\u1e6dayn, 2016), 6:215-216.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> Voir <em>Ibid<\/em>, 215; al-\u1e24ill\u012b, <em>Shar\u0101\u02bei\u02bf al-Isl\u0101m<\/em>, 1:60; \u1e24urr al-\u02bf\u0100mil\u012b, <em>al-Was\u0101\u02beil al-Sh\u012b\u02bfa<\/em>, 4:410.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> Hashim Bata, \u201cReassessing the Pivotal Role of Certainty in Modern Sh\u012b\u02bf\u012b U\u1e63\u016bl\u012b legal method\u201d in <em>Visions of Shar\u012b\u02bfa<\/em>, (Brill: Leiden, 2020), 26-57; Ali Paya, <em>Islam Modernity and the New Millennium; Themes from a Critical Rationalist Reading of Islam<\/em>, (Routledge: Oxford, 2019), 82-101.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a> Pour plus de d\u00e9tail voir Arif Abdulhussain, <em>The Conflict between the Actual and Apparent Regulations<\/em>, <a href=\"http:\/\/www.shaykharif.com\/blog\/the-conflict-between-the-actual-and-apparent-regulations?categoryId=24615\">http:\/\/www.shaykharif.com\/blog\/the-conflict-between-the-actual-and-apparent-regulations?categoryId=24615<\/a>, 2019 [Acc\u00e8s le 30 Mars 2021].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a> Par exemple, voir Abou El Fadl, <em>The Search for beauty; on beauty and reason in Islam<\/em>, <a href=\"https:\/\/www.searchforbeauty.org\/2016\/01\/02\/fatwa-on-hijab-the-hair-covering-of-women\/\">https:\/\/www.searchforbeauty.org\/2016\/01\/02\/fatwa-on-hijab-the-hair-covering-of-women\/<\/a>, 2016 [Acc\u00e8s le 30 Mars 2021]; Ziba Mir-Hosseini, \u201cThe Politics and Hermeneutics of Hijab in Iran; From Confinement to Choice,\u201d <em>Muslim World Journal of Human Rights<\/em>, 2007, 4 (1) 1-17; Leila Ahmed, <em>Women and Gender in Islam <\/em>(New Haven &amp; London: Yale University press, 1992), 14\u201360, 144.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a> Il est important de souligner que les femmes \u00ab esclaves \u00bb (musulmanes ou non-musulmanes) \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es comme des produits sexuels et n\u2019\u00e9taient pas autoris\u00e9es \u00e0 se couvrir. Avant qu\u2019elles ne soient amen\u00e9es sur le march\u00e9, le corps de ces femmes esclaves \u00e9taient examin\u00e9s. Myrne Pernilla affirme que les juristes de la tradition de l\u2019\u00e9cole hanafite autorisaient aux potentiels acheteurs de sexe masculin de d\u00e9couvrir les bras de ces femmes esclaves, leurs poitrines ainsi que leurs jambes. Cet \u00e9l\u00e9ment est \u00e9galement signal\u00e9 par el-Fadl qui affirme que le second calife Umar avait interdit aux femmes \u00ab esclaves \u00bb de se couvrir les cheveux pour qu\u2019elles ne ressemblent pas aux femmes \u00ab libres \u00bb. Voir Myrne Pernilla, \u201cSlaves for Pleasure in Arabic Sex and Slave Purchase Manuals from the Tenth to the Twelfth Centuries,\u201d <em>Journal for Global Slavery<\/em> 4 (2) 196-225; Khaled Aboud El Fadl. Speaking in God\u2019s Name: Islamic Law, Authority and Women, (Oneworld Publication: Oxford, 2001).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a> Voir Nur Zainatul Nadra Zainol et al, \u201cNasr Hamid Abu Zayd as a Modern Muslim Thinker,\u201d <em>International Journal of Islamic Thought,<\/em> 2014, 5(1), 63-68; El Fadl, <em>The Search for beauty<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a> <em>Ibid.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a> Ibn Man\u1e93\u016br, <em>Lis\u0101n al-\u02bfArab<\/em>, 4:258; al-Zab\u012bd\u012b, <em>T\u0101j al-\u02bfAr\u016b<\/em>s, 6:366.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">[28]<\/a> Norman Stillman, <em>Arab Dress from the Dawn if Islam to Modern Times: A Short History<\/em>, (Brill: Leiden, 2000) 10.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\">[29]<\/a> Ahmed, <em>Women and Gender in Islam<\/em>, 14\u201360.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref30\" name=\"_ftn30\">[30]<\/a> El Fadl, <em>The Search for beauty<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref31\" name=\"_ftn31\">[31]<\/a> Pour plus d\u2019informations sur cette approche, voir Arif Abdulhussain <em>The Conflict between the Actual and Apparent Regulations<\/em>; Arif Abdulhssain, Islam and God Centricity; A Theological Basis for Human Liberation, (Sajjadiyya Press: Birmingham, 2017).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref32\" name=\"_ftn32\">[32]<\/a> Certaines r\u00e9gions autour du globe ne consid\u00e8rent pas la femme comme \u2018nue\u2019 si elle r\u00e9v\u00e8le certaines parties de son corps ou ses cheveux. Cependant, dans ces r\u00e9gions il pourrait y avoir des sous-r\u00e9gions qui consid\u00e8reraient le contraire. Par exemple, la loi du Royaume-Uni ne consid\u00e8re pas une femme comme \u2018nue\u2019 si elle montre ses cheveux. Cependant, il existe certaines sous-r\u00e9gions au Royaume-Uni, comme des lieux d\u2019adoration o\u00f9 une femme pourrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme \u2018nue\u2019 si elle ne couvrait pas ses cheveux.<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><strong>Biographie des auteurs<\/strong><\/p>\n<p>Shaykh Arif Abdul Hussain est un intellectuel musulman et fondateur de l\u2019Institut al-Mahdi (1993) o\u00f9 il occupe le poste de ma\u00eetre de conf\u00e9rences. Apr\u00e8s avoir compl\u00e9t\u00e9 sa formation initiale en \u00e9tudes islamiques au Madrassa imam al-Khoei \u00e0 Londres, il poursuivit des \u00e9tudes \u00e0 un niveau plus avanc\u00e9 dans les s\u00e9minaires religieux en Iran o\u00f9 il assista aux cours d\u2019\u00e9minents savants de Qom et Najaf. Apr\u00e8s son retour au Royaume-Uni vers le milieu des ann\u00e9es 90, il continua ses \u00e9tudes en droit th\u00e9orique musulman et en philosophie aupr\u00e8s de son \u00e9minence l\u2019Ayatollah \u1e24usayn al-Am\u012bn\u012b. Il a un certificat d\u2019<em>Ijtihad<\/em> attribu\u00e9 par l\u2019Ayatollah Sayed Muhaqqiq Damad.<\/p>\n<p>Dr. Hashim Bata est un chercheur associ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Institut al-Mahdi (UK). Il a un doctorat de l&rsquo;Universit\u00e9 de Warwick, avec une th\u00e8se intitul\u00e9e <a href=\"http:\/\/wrap.warwick.ac.uk\/59632\/\">\u2018Towards the utility of a wider range of evidence in the derivation of Shar\u012b\u02bfa precepts : paradigm shift in contemporary Us\u016bl\u012b epistemology\u2019<\/a> (2013). Ses activit\u00e9s de chercheur couvrent le domaine de l&rsquo;u\u1e63\u016bl al-fiqh, l&rsquo;\u00e9pistemologie et l&rsquo;herm\u00e9neutique. Il poursuit ses \u00e9tudes sup\u00e9rieures traditionnelles sous la direction de Shaykh Arif Abdul Hussain, de Dr. Fanaei et du Profeseur Fatemi.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans cet article, nous nous interrogerons sur la possibilit\u00e9 ou non de r\u00e9-\u00e9valuer la compr\u00e9hension traditionnelle de la Sharia sur l\u2019obligation du port du voile chez la femme musulmane, en particulier sur la question du foulard islamique.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-557","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-publies"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/editionsavicenne.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/557","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/editionsavicenne.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/editionsavicenne.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsavicenne.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsavicenne.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=557"}],"version-history":[{"count":80,"href":"https:\/\/editionsavicenne.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/557\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":782,"href":"https:\/\/editionsavicenne.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/557\/revisions\/782"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/editionsavicenne.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=557"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsavicenne.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=557"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsavicenne.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=557"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}